Dossier8 septembre 2026

Rapport annuel ASF 2025 : cinq enseignements pour le financement d'équipement des entreprises

Illustration abstraite en dégradé bleu nuit, violet et or : analyse du rapport annuel ASF 2025 sur le financement d'équipement des entreprises et le crédit-bail en France - Leaseworld

L'Association française des sociétés financières a publié en juin 2026 son rapport annuel 2025, qui chiffre une année de repli pour le financement d'équipement des entreprises : 40 milliards d'euros de production pour 908 000 dossiers financés, en baisse de -5,8 % sur un an.
Leaseworld monte ces financements d'équipement pour les entreprises françaises, avec une réponse sous 48 heures et un déblocage des fonds sous 24 heures après accord.
Le même document enregistre pourtant un encours qui progresse, à 100,6 milliards d'euros, en hausse de +2,2 %.

Nous avons lu les 122 pages du rapport et retenu les cinq enseignements qui comptent réellement pour une entreprise qui prépare un investissement.

Ce que contient le rapport annuel 2025 de l'ASF

L'ASF représente en France et à Bruxelles les métiers du financement spécialisé : sociétés de financement, établissements de crédit spécialisé, banques spécialisées et entreprises d'investissement.
Le rapport 2025 recense 240 adhérents et 40 000 salariés, qui contribuent au financement de l'économie à hauteur de 322,9 milliards d'euros d'encours de crédit, soit 18,4 % du total des crédits au secteur privé français.
C'est la raison pour laquelle ce document fait référence : il ne couvre pas tout le marché, mais il couvre la quasi-totalité du financement locatif d'équipement.

Le rapport est structuré en quatre parties : la présentation de l'association, l'activité des adhérents, les actions menées en 2025 et les services aux membres.
La partie qui nous intéresse ici occupe les pages 32 à 37, complétée par l'Observatoire des signaux faibles et par les chapitres consacrés au crédit-bail et à la finance durable.
Nous détaillons par ailleurs le rôle de l'organisation dans notre page dédiée à l'Association française des sociétés financières.

Les cinq enseignements du rapport annuel ASF 2025

1. La production recule, mais l'encours progresse

C'est la premère information du rapport, et la plus contre-intuitive.
La production 2025 — le volume de nouveaux contrats signés dans l'année — s'établit à 40 milliards d'euros, en baisse de -5,8 % par rapport à 2024.
Dans le même temps, les opérations en cours à fin 2025 atteignent 100,6 milliards d'euros, en hausse de +2,2 %.

  • Production 2025 : 40,0 Md€ (-5,8 %), dont 35,6 Md€ de financements locatifs (-6,1 %) et 4,4 Md€ de crédits d'équipement classiques (-3,3 %)
  • Encours à fin 2025 : 100,6 Md€ (+2,2 %), dont 77,4 Md€ de financements locatifs (+2,6 %) et 23,2 Md€ de crédits classiques (+0,8 %)
  • Crédit-bail mobilier et autres opérations avec option d'achat : 22,1 Md€ de production (-6,9 %) pour un encours de 49,9 Md€ (+1,6 %)
  • Location sans option d'achat : 13,5 Md€ de production (-4,6 %) pour un encours de 27,5 Md€ (+4,4 %)

La lecture est la suivante : le parc d'équipements financés en France continue de grossir, ce sont les nouvelles entrées qui ralentissent.
Un marché qui se contracterait verrait ses deux indicateurs baisser ensemble, ce qui n'est pas le cas ici.

2. Le quatrième trimestre casse la série

La trajectoire trimestrielle de la production locative en 2025 est plus parlante que le chiffre annuel.
Elle recule de -7,5 % au premier trimestre, -6,3 % au deuxième, -7,2 % au troisième, puis -3,5 % au quatrième.
Le dernier trimestre divise donc le rythme de baisse par deux.

Replacé dans la durée, 2025 marque la première année négative après quatre années de croissance : +10,7 % en 2021, +11,7 % en 2022, +4,0 % en 2023, +0,5 % en 2024, puis -5,8 % en 2025.
Ce redressement de fin d'année se confirme sur le trimestre suivant, que nous avions analysé à sa parution dans notre article sur le baromètre ASF du premier trimestre 2026, où la location sans option d'achat renoue avec la croissance.

3. Neuf euros sur dix passent par la location

Le rapport le formule sans détour : 89 % de la production en montant se fait sous forme de location de matériels, avec ou sans option d'achat.
Les crédits d'équipement classiques ne pèsent que 4,4 milliards d'euros sur les 40 milliards de l'année.
Ce n'est pas une nouveauté de 2025, c'est une constante que le rapport confirme année après année.

Autrement dit, quand une entreprise française finance une machine, un véhicule utilitaire, du matériel médical ou un parc informatique, elle passe très majoritairement par le crédit-bail ou par la location financière.
Le crédit bancaire classique reste minoritaire sur ce segment, et le rapport ne montre aucun signe d'inversion.

4. Les signaux faibles voient la demande repartir avant les chiffres

L'ASF anime depuis l'automne 2022 un Observatoire des signaux faibles, alimenté par une enquête qualitative trimestrielle auprès des professionnels de l'affacturage, des cautions, du crédit-bail et du crédit à la consommation.
Il ne mesure pas des volumes, il mesure des ressentis de terrain — impayés, demandes de réaménagement, demandes de financement.

Au quatrième trimestre 2025, l'Observatoire relève une tendance mieux orientée pour les entreprises malgré des contrastes, et pour le crédit-bail mobilier une demande de financement en augmentation dans l'ensemble, avec des écarts selon les secteurs.
C'est un indicateur avancé : la demande se redresse dans les commissions avant que la production signée ne le traduise dans les statistiques.
Il éclaire beacoup mieux le point de retournement que le seul chiffre annuel.

5. Les dispositifs européens ne sont pas taillés pour les petites structures

C'est l'enseignement le moins commenté du rapport, et sans doute le plus utile aux dirigeants de PME.
L'ASF a organisé en 2025 un programme de rencontres avec le Fonds européen d'investissement, au cours desquelles les professionnels du crédit-bail ont demandé une simplification du formalisme et une meilleure adaptation aux petites et moyennes structures.

La réponse consignée dans le rapport est sans ambiguïté : le FEI indique ne pas disposer d'équipes dédiées pour accompagner les plus petites entreprises et précise que ses programmes s'adressent prioritairement à des entreprises d'une certaine taille.
Il s'est également montré réservé sur une préqualification automatisée des dossiers et laisse peu d'espoir de résolution des difficultés techniques du programme InvestEU 2021/2027.

La conséquence pratique est simple : pour une petite structure, l'accès au financement d'équipement ne se règle pas au niveau des dispositifs européens.
Il se règle dossier par dossier, auprès d'acteurs qui acceptent d'instruire des opérations de toutes tailles.

Notre lecture : ce que ces chiffres changent pour une entreprise qui investit

Un marché en repli de production n'est pas un marché fermé.
L'encours en hausse, la demande qui se redresse dans l'Observatoire et le quatrième trimestre à -3,5 % décrivent un point bas qui se referme, pas un assèchement du financement.

Nous ne trions pas les projets sur la taille de l'entreprise ni sur le montant de l'équipement : nos chargés d'affaires étudient chaque demande sur ses éléments propres — la nature du matériel, sa durée d'usage réelle, le dernier bilan, la stratégie de renouvellement du parc.
C'est précisément ce que les dispositifs européens décrits dans le rapport ne font pas.

Concrètement, trois arbitrages se posent au moment de choisir :

  • Le crédit-bail garde son intérêt quand l'équipement doit rester dans l'entreprise au terme du contrat : machine industrielle spécifique, matériel dont la valeur d'usage demeure élevée.
  • La location financière et la location longue durée correspondent mieux à un parc renouvelé régulièrement — véhicules, informatique, équipements à obsolescence rapide.
  • Le leaseback répond à un autre besoin : dégager de la trésorerie sur du matériel déjà détenu et payé, sans s'en séparer. Nous le détaillons sur notre page leaseback d'équipements.

Le rapport signale enfin une échéance à préparer, indépendante du financement lui-même : la généralisation de la facturation électronique, fixée par l'article 91 de la loi du 29 décembre 2023 au 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI, puis au 1er septembre 2027 pour les PME et les micro-entreprises.
Les loyers de crédit-bail et de location financière entrent dans ce champ comme toute autre facture entre professionnels.

Nos pages sectorielles détaillent ces arbitrages pour l'agricole, le BTP, l'industrie et la santé.

En résumé

  • La production de financement d'équipement recule de -5,8 % en 2025 à 40 Md€, pour 908 000 dossiers financés.
  • L'encours progresse dans le même temps de +2,2 % à 100,6 Md€ : le parc financé continue de grossir, ce sont les entrées qui ralentissent.
  • Le quatrième trimestre 2025 divise le rythme de baisse par deux (-3,5 % après -7,2 %), et le premier trimestre 2026 confirme le redressement.
  • 89 % de la production passe par la location de matériels : le leasing reste très largement le mode de financement dominant de l'équipement professionnel.
  • Le Fonds européen d'investissement reconnaît ne pas avoir d'équipes dédiées aux plus petites entreprises : leur accès au financement se joue dossier par dossier.

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Pour une étude de votre projet, contactez nos équipes : nous répondons sous 48 heures.

Source : Rapport annuel 2025 — Association française des sociétés financières (ASF)

Questions fréquentes

Une production en baisse de -5,8 % signifie-t-elle que les financements sont plus difficiles à obtenir ?

Non, ce sont deux choses distinctes. La production mesure le volume de nouveaux contrats signés sur l'année, c'est-à-dire la demande d'investissement des entreprises. Elle ne dit rien de la façon dont un dossier est étudié : une demande s'apprécie sur ses propres éléments — dernier bilan, KBIS, devis détaillé, relevés bancaires récents — et sur l'équipement financé.

Comment la production peut-elle reculer pendant que l'encours augmente ?

L'encours est le stock de contrats en cours à un instant donné, la production le flux de nouveaux contrats de l'année. Un encours qui progresse de +2,2 % à 100,6 milliards d'euros alors que la production recule de -5,8 % signifie que les contrats signés les années précédentes courent toujours et pèsent plus lourd que le ralentissement des entrées. Le parc financé continue donc de grossir.

Les chiffres de l'ASF couvrent-ils l'intégralité du marché français ?

Non. Ils agrègent l'activité des établissements spécialisés adhérents de l'ASF, qui concentrent l'essentiel du financement locatif, mais pas les crédits accordés directement par les réseaux bancaires hors de ce périmètre. Ces données se lisent comme un indicateur de tendance, pas comme un total de marché exhaustif.

L'échéance de la facturation électronique concerne-t-elle les contrats de leasing en cours ?

L'obligation porte sur l'émission et la réception des factures, pas sur la nature du financement. Le calendrier fixé par l'article 91 de la loi du 29 décembre 2023 prévoit une entrée en vigueur au 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI, puis au 1er septembre 2027 pour les PME et les micro-entreprises. Les loyers de crédit-bail et de location financière entrent dans le champ comme toute autre facture entre professionnels.